top of page
Rechercher

Le désir, victime collatérale du changement climatique

  • 29 mai
  • 2 min de lecture

Ça ne vous aura pas échappé : chaque été, on nous ressort les mêmes images de corps huilés, de draps froissés et de nuits moites. Comme si la chaleur nous transformait automatiquement en personnages so hot - en bêtes de sexe. La réalité est souvent un peu moins glamour. Et beaucoup plus collante.


"Je vais m'embraser..."

En période de canicule, le corps humain poursuit un objectif très simple : continuer à fonctionner. Autant dire qu'il a alors un boulot de dingue. Malgré nos incroyables performances physiologiques pour faire baisser notre température (ralentissement, transpiration), nous dormons mal, nous rencontrons des difficultés à assurer le quotidien, nous sommes irritables. Pas exactement le contexte idéal pour se lancer dans une démonstration olympique de sensualité.


Quand le thermomètre grimpe, nous sommes nombreux à voir notre désir diminuer - ce qui est parfaitement normal. La chaleur intense mobilise l’organisme, augmente la charge sensorielle et le contact physique. Dès lors, pas étonnant que dans un logement à plus de 30°C, le désir se résume à "Si tu me touches encore, je vais m'embraser - et ça ne sera pas sexuel!"


La sexualité à l'épreuve de la réalité thermique

C’est d’ailleurs un sujet dont on parle peu : partager un moment intime n'est pas qu'une affaire de volonté mais dépend étroitement des conditions matérielles dans lesquelles on se trouve. Petits espaces avec enfants, passoires thermiques ou au contraire chambre tempérée, logements aérés... Certains mobilisent leurs ressources physiologiques pour simplement traverser le quotidien avec le moins d'inconfort possible quand d'autres ont les moyens de continuer à vivre "normalement". Dans le premier cas, il paraît difficile de laisser la place au désir. De ne pas envisager le contexte climatique et social comme un obstacle au désir.


Hop, hop, un missionnaire !

Ces moments de températures extrêmes sont l'occasion de réfléchir autrement notre désir. Par exemple en mettant de côté la performance, l'endurance - et l’idée qu’une sexualité "réussie" devrait forcément ressembler à un marathon cardio - hop, hop, un missionnaire, plus vite, plus fort, allez, allez !


En période de forte chaleur, des options de partage de désir/plaisir existent : douche à deux, jeux de glaçons, massages, rapports sans pénétration. Mais aussi construction à deux d'une histoire érotique - ou encore humour partagé face à l’absurdité de la météo.


Dans une époque qui envisage la sexualité comme une performance ou une injonction au désir permanent, la chaleur rappelle un fait élémentaire : l’intimité n’est pas une course à l'échalote. C’est une capacité à s’ajuster ensemble, y compris quand le corps réclame seulement un ventilateur et une douche tiède.

 
 
 

Commentaires


bottom of page
Retrouvez Stéphanie Estournet sur Resalib : annuaire, référencement et prise de rendez-vous pour les Psychopraticiens